J’aime dénicher les images qui ont le pouvoir de leur transmettre une grande confiance dans la fantaisie, et le potentiel de résilience du monde.
Juxtaposer des images pour créer une seul horizon, un langage, un codex propre à moi, avec ses logiques, ses anomalies et ses surprises.
Documenter le monde pour transmettre une certaine “joie de vivre” à tous les petits-enfants, un regard, une sensibilité et une curiosité sur le monde. L’apprentissage du regard, et savoir lutter contre la morosité, sont des formes de résistance.
Un monde de poche qu’on emporte avec soi et qu’on reconstitue de plusieurs manières possibles. Un imagier portatif.
“La couleur est matière, lumière, sensation”…
Michel Pastoureau
Claude Benzrihem Champion est directrice de création, graphiste depuis 1983. Ville, musées, théâtres sont ses sujets de prédilection. Elle propose une expertise recouvrant identité visuelle globale, valorisation de marque, édition et signalétique muséographique et urbaine. Elle a été l’une des fondatrices associées du collectif Thérèse Troïka— 1987-2012. En 2012, elle fonde l’atelier de création cbdesign & co.Elle vit et travaille à Paris et à Marseille depuis.
Arpenter les villes, la campagne, les entre-deux et en relever des détails, des atmosphères singulières.
À leur insu le plus souvent, j’aime photographier les gens, l’air de rien, facétieusement. Je m’approche en mode silencieux ou je reste à distance. Je suis invisible.
Dans toutes sortes de situations, des objets improbables grimacent, tiennent la pose et parlent pour nous. Une forme d’animisme loufoque.
Un portrait c’est une émotion assurée, à partir de deux personnes, on entre dans le narratif, le romanesque, le théâtre…
L’Heure bleue, la “Blue note” est une subtilité visuelle et musicale. Mon goût pour les balades vespérales m’offrent parfois le plaisir de capter la magie de ce moment entre chien et loup, du mélange entre le bleu d’encre total et les braises du couchant…
La pose. Légère, rude, implacable, joyeuse. Des inconnus, des artistes, des gens croisés dans la rue, des amis… Le portrait, comme déclaration d’amour permanente. Les regards tendres, obliques, présents, absents… La déconnade, toujours.
Atmosphères et paysages grand large, le format panoramique exprime plus, les personnages deviennent une partie du tout.
Gracieux, placides, énervés, on retrouve chez les animaux des émotions connues, et on s’invente tous les scénarios possibles.